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J'ignore tout. Bon, en fait, pas tout, mais beaucoup de choses.
J'ignore ce qui se passe dans le monde. Non pas que je ne sois pas au courant des actualités internationales, loin de là. Mais je parle ici du monde dans le monde, vous saisissez?
Je ne peux pas prétendre connaître les gens d'ailleurs, de connaître leur manière de penser et d'écouter, de discuter. Je ne peux pas prétendre bien connaître les gens d'une région autre que la mienne. Comme je ne peux pas dire qu'un peuple, qu'une nation (si certains chauvins préfèrent) est "comme ça" ou encore, "qu'ils sont tous de même là bas". Cependant, certains traits restent uniques aux gens de certains endroits, certaines histoires, certains passés définissent des être uniques partout sur la planète. Leur passé collectif est différent du mien, tout comme le seront leurs perceptions ou encore leurs interprétations de moultes situations. C'est cela qui m'intéresse, c'est après ce genre d'optique que je cours.
Je tente en vain, depuis des années maintenant, à attrapper ces différences. Je tente de comprendre, de tolérer autant que possible, parce que j'essaie tant bien que mal de m'extirper de cet habitus culturel dans lequel nous sommes tous lovés depuis notre tendre naissance utérine.
Après m'être maintes fois exilée dans les contrées lointaines (dont le Saguenay, la Gaspésie, le Nord du Québec, etc) de ma belle province/pays qu'est le Québec (voilà pour vous, sales nationalistes...) je me suis dit qu'il était temps pour moi de quitter. Oh, vous savez, j'ai déjà été en Europe et tout, j'ai visité la débridée Hollande et la sage et l'alcoolisée Belgique mais le hic, c'est que j'étais en compagnie embêtante: l'école privée de ma banlieue-sur-la-plage natale. Je quitte donc le Québec dans une deuxième prise, en compagnie de Catherine, une amie. Cette amie en question est quelqu'un de bien peu ordinaire...on a été au primaire ensemble, on s'est perdues de vue pendant quelques années au secondaire et on s'est retrouvées au même cégep.
Par une amie commune, elle a été mise au courant que je n'irais pas à l'université l'année prochaine (en première de classe modèle que je suis) et que j'irais errer telle une brebis paraplégique dans les campagnes et zones urbaines européennes. Ça tombait bien parce qu'elle aussi avait envie de s'en aller loin loin loin (note au lecteur: répéter trois fois le même mot aura toujours plus d'impact que le meilleur des superlatifs de la langue française).
Enfin, elle a également su par cette amie commune que je me tenais -toujours-au journal étudiant de mon établissement scolaire préféré (i.e. Collège de Maisonneuve). Chose sympathique dans l'histoire, ce jour-là, j'y étais -une fois de plus-, écrasée sur le divan douteux du local, entrain de tenter de cuver mon mal de tête de la veille au lieu d'étudier assidûment mon économie internationale. Elle a donc cogné au cadre de porte de ce même local crasseux, m'éveillant à moitié. Après avoir échangé quelques mots (quelques grognements de femme de cro-magnon dans mon cas...la bière/le vin/ les shooter étai(en)t trop bon(s)ne), nous convenâmes qu'ils serait chouette de partir ensemble...histoire d'être deux brebis paraplégiques perdues ensembles plutôt que d'être perdues dans leur coin respectif. Après avoir eu notre DEC (Dieu seul sait comment....j'te revaudrai ça mon pote!) on a travaillé notre vie dans un emploi moyen, qui ne soulevait aucune passion en somme.
Maintenant, j'ai quitté cet emploi aliénant mais ô combien payant pour une raison bien simple: Je quitte le pays dans exactement 7 jours. Donc une semaine. Donc, le quart d'un mois, sauf si on parle du mois de février. Bref, loin de moi l'idée de vous expliquer la science complexe d'un calendrier Julien, mais je pars bientôt en ciboire!
C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle j'ai ouvert ce blog:¸Il fera figure de carnet de voyage en quelque sorte. Je vous garanti une pelleté (ou deux de raisins secs) d'aventures diverses, d'impressions sur les régions visitées et surtout, surtout, des histoires pas possibles. Vous en doutez? Pas moi...j'ai toujours la putain de chance de rencontrer des gens géniaux, qui ont la gentillesse de me raconter leur existence...ou toujours la putain de mal/chance de me mettre dans des situations trop cocasses pour moi. Enfin, comme le dit si bien ma coiffeuse "C'est en se perdant qu'on découvre des trucs qu'on ne cherchait pas". Et vlan Françoise, tu leur as dit!
Je pars du Québec le 27 août 2007...je vous reviens...